le blog de lulu

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jeudi 20 octobre 2005

nicol et anne

Interdit de manifester contre la scientologie ? Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, n'est pas contente et elle veut que ça se sache. Samedi 8 Octobre, avec plusieurs élus parisiens, elle organise une manifestation devant l'eglise de scientologie dans le 12e dans le but "de montrer la vigilance des élus parisiens à l’encontre de la dangerosité des mouvements sectaires et d’alerter nos concitoyens sur la présence de ce type de lieux". 41739284_01ca114da3_m.jpgArrivés sur place, les CRS n'ont pas laissé les élus s'approcher de l'entrée de l'église en question. Ce n'est qu'après négociation avec le préfêt de police que les manifestants ont pu approcher le batiment, trop tard: Or, avant l’heure de la manifestation, il a été signalé à un de nos collaborateurs présents sur place que les élus ne pourraient pas pénétrer dans la rue Jules César mais seraient relégués à l’angle de la rue Jules César et du boulevard de la Bastille. Au même moment et pendant toute la durée de la manifestation, seuls les contre-manifestants ont eu le droit d’aller et venir sur la voie publique, et non les élus du suffrage universel. (...) Par ailleurs, je tiens tout particulièrement à signaler que les forces de l’ordre présentes ne nous ont laissé exercer notre droit à manifester qu’« à nos risques et périls » selon leur propre dire. Et, effectivement, lorsque nous avons traversé la rue Jules César, les scientologues ont infiltré notre manifestation. La lettre, bien évidemment, est adressée directement à Nicolas Sarkozy. Fallait pas serrer la main à tom Cruise la veille de son mariage. Posted by Dominique W in Actualité | Link | Comments (0)

vendredi 14 octobre 2005

nico a du cul

Sarkozy: "quand on a des hémorroïdes, ce n'est pas un sujet de plaisanterie" AP 10.10.05 19:58PARIS (AP) -- On ne plaisante pas avec des hémorroïdes. Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy est revenu lundi sur les hémorroïdes qui l'ont empêchés d'assister au Conseil des ministres mercredi dernier, soulignant qu'il s'agit d'un mal "extrêmement incapacitant". "Il y a six millions de Français qui, comme moi, ont des hémorroïdes ou j'ai des hémorroïdes comme eux", a-t-il déclaré sur France Info. "Ils savent que c'est extrêmement incapacitant et quand on a des hémorroïdes, ce n'est pas un sujet de plaisanterie." Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs reproché au journaliste qui l'interrogeait d'avoir dans la voix "un petit air ironique". "Cela prouve (...) que vous ne savez pas ce que sont des hémorroïdes." "Depuis mon plus jeune âge, j'ai des hémorroïdes", a-t-il confié, évoquant avec sarcasme "la générosité spontanée d'un certain nombre de journalistes". "En cas de prochaine crise, je vous la signalerai", a-t-il conclu. AP

samedi 8 octobre 2005

nico las

Laetitia CASTA et monsieur notre ministre de l'intérieur Nicolas SARKOZY", ils vivent bel et bien ensemble...dans cet appartement !! Tout le monde dans la résidence est au courant, mais c'est "bouche cousue"...Ils sont main dans la main, et ils vont même chercher le pain tous les deux, certains petits matins.

mardi 4 octobre 2005

pour un oui, pour un non, mon nico

Fin septembre, l'UMP a innové dans le marketing politique à force d'e-mails envoyés par centaines de milliers. Nous connaissions déjà les diplômes à acheter, les médicaments sans ordonnance, les méthodes de modelage des parties intimes du corps... Nicolas Sarkozy se prend-il pour le nouveau viagra qui fera se redresser la France ? Ce message a été posté en dépit des lois françaises sur l'utilisation des adresses de courrier électroniques, par le parti politique qui possède le principal groupe à l'assemblée nationale, celui-là même qui a fait passer la très controversée LEN. Vous avez reçu le message du petit Nicolas ? Le sarkospam ne passera pas ! Des moyens légaux de réaction existent et sont indiqués sur cette page, n'hésitez pas à les utiliser. La possibilité d'une action collective est également à l'étude. Vous pouvez consulter régulièrement cette page pour vous tenir au courant ou nous laisser votre adresse (promis craché, on ne la revend pas à Dominique de Villepin ni à personne d'autre). Vos bonnes idées et pages sont également les bienvenues. http://www.sarkospam.net/

dimanche 2 octobre 2005

on t'aime tant nicolas...

Je ne suis pas allée voir le film Iznogoud. Non, quand j'ai vu la tête d'affiche, franchement, pour rien au monde je ne serais allée voir Iznogoud. Non, non, non... De toute façon, la seule fois où j'aurais pu me laisser convaincre d'y aller, il y avait une intervention télévisuelle en direct de Nicolas Sarkozy. Alors, voilà quoi, Nicolas Sarkozy, je ne pouvais pas rater. Pendant ses interventions, parfois, je pousse même jusqu'à scander "Sarko, Sarko !", toute seule devant ma télévision, entraînée par l'euphorie du moment. Ça crée une sorte de proximité avec l'homme politique. En même temps, je dois vous avouer que je suis un peu déçue : je n'ai pas reçu l'e-mail que Nicolas Sarkozy a envoyé à toute la France. Vous savez, le spam de l'UMP (Union des Menteurs "Patentéhontés") ? Sans doute parce que les chômeurs, ça ne compte pas à l'UMP. Voire parce que ça n'existe pas, les chômeurs, en France. De toute façon, les statistiques le prouvent, les chômeurs fondent comme neige au soleil dans notre beau pays. Oui, en vérité, je suis vexé, déçu, désappointé : je paie mes impôts et malgré tout, pas de spam... Finalement, si j'avais su, je serais peut-être allé voir Iznogoud au cinéma. Ou peut-être pas. En tout cas, je n'aurais pas regardé l'intervention télévisuelle de Nicolas Sarkozy, ce jour-là. Pour ceux qui parmi vous, amis lecteurs, n'auraient pas bien suivi, allez donc jeter un œil du côté de chez Kozlika. Avec d'autres exemples, tout deviendra limpide. Enfin, je crois, tant soit-il que des histoires d'Iznogoud et de Nicolas Sarkozy puissent l'être, vice versa et réciproquement, mmmh, voyez ?...

samedi 1 octobre 2005

nico, t'en fait trop !

vendredi 30 septembre 2005 - 18:32 Dix cars de CRS, un camion de chantier rempli de parpaings, un camion de déménagement et un car scolaire: la logistique de l'expulsion est apparemment rodée. Vendredi, à six heures du matin, ces véhicules se sont alignés devant l'hôtel de l'Espérance, avenue Jean-Jaurès, dans le 19e arrondissement de Paris. Un immeuble occupé par une vingtaine de célibataires, dont une dizaine de travailleurs immigrés à la retraite, payant tous leur loyer et tous en situation régulière. «C'est pas des squatters ici, commentait une élue sur place. Certains locataires sont là depuis quarante ans». L'immeuble évacué n'était visé par aucun arrêté d'insalubrité, ni de péril. Mais son nouveau propriétaire n'a pas donné suite aux exigences de remise aux normes de la préfecture. Après avoir racheté l'hôtel, il a préféré signifier leur congé aux habitants et, mardi prochain, la justice doit justement se prononcer sur le différend entre le propriétaire et ses locataires. La préfecture n'a pas attendu que la justice s'en mêle pour procéder à l'expulsion. (Libération.fr)

vendredi 23 septembre 2005

on pensera très fort à nico

APPEL DE CAMARADES DES COLLECTIFS DES OUVRIERS SANS PAPIERS DES FOYERS Manifestation « 5 000 à la République » le samedi 1er octobre 2005 à 14 heures 30 Place de la République (Paris 11ème) NOUS, OUVRIERS SANS PAPIERS DE COLLECTIFS DE FOYERS, NOUS VOUS DISONS CECI : - Pourquoi voulons-nous être 5 000 à manifester ? « Pourquoi 5 000, c’est important ? À notre avis, ce serait normal qu’on soit même plus. Le nombre compte, nous devons constituer une force. Manifester, c’est contribuer, d’une manière ou d’une autre à la réussite dans la vie de son prochain : ouvriers sans papiers, familles sans logement, etc. Manifester aujourd’hui, c’est la seule manière de convaincre le gouvernement. Toutes les portes sont fermées. Nous sommes une force politique, nous voulons être une force politique qui corresponde à nos principes, à nos idées : « si on est ici, on est d’ici », « ouvrier, ça compte », « abrogation de la loi de 10 ans », « régularisation sur la base du travail ». Venir à la manif, c’est montrer qu’on existe, qu’on veut des droits, qu’on développe le pays. On ne peut pas compter sur quelqu’un pour faire son travail, on peut travailler ensemble, ça oui. Mais les gens, ça, ils ne le comprennent pas. C’est en sortant massivement que le gouvernement peut entendre. Seul le nombre peut faire la différence : regardez l’Espagne. Nous avons la chance d’être dans un pays où l’on peut faire la politique. Il faut sortir, il faut montrer sa dignité. Quand tu te montres, tu montres la dignité. Si les gens ne sortent pas, pourquoi ne veulent-ils pas montrer leur dignité ? » - Les collectifs des ouvriers sans papiers des foyers « Le collectif, dans chaque foyer, c’est pour organiser notre force. La lutte que nous menons, c’est pour tout le monde. C’est digne de dire la vérité : il faut le penser. Ce n’est pas le papier qui donne le respect. Il faut se montrer, prouver qu’on est quelqu’un. Prouver qu’on a une dignité, qu’on a des valeurs. Les papiers, ça se confisque, mais les idées, personne ne peut te les retirer. La bataille politique, c’est une bataille d’idées aussi. On est organisés, pour nous, pour ces idées. Mais vous, si vous n’êtes pas dans cette bataille, c’est le gouvernement qui vous organise. Qui vous organise contre vous-mêmes et contre nous. Sortez, et faites le bon choix. Le bon choix, c’est notre politique. Ce n’est pas toujours le plus fort qui gagne, mais celui qui dit qu’il est capable de gagner, parce que ses idées sont vraies et fortes. Si tu ne penses pas comme ça, tu as perdu avant de commencer. « - La manifestation et la bataille politique « Quand on sort nombreux, le gouvernement n’aime pas ça : il est dérangé, il n’aime pas que la presse nationale et internationale en parle ; ça, ça gêne le gouvernement. Le gouvernement empêche que la vie des sans-papiers se développe. Il faut que les ouvriers sans papiers empêchent le gouvernement de développer sa politique. Il faut bloquer la politique du gouvernement, papiers ou pas papiers. La seule porte de sortie, c’est la bataille. Une arme efficace, c’est la manifestation. Il faut s’armer d’une manifestation. L’exemple, ce n’est pas la meilleure façon d’enseigner, mais la seule. On est là, on est dans le collectif. Nous avons des idées pour rester dans le pays. Nous avons compris que pour vivre ici, vivre cachés ce n’est pas possible. Alors l’unique façon pour nous de vivre ici, c’est la bataille politique. Nous la mènerons jusqu’au bout. Cette bataille concerne tout le monde, papiers ou pas, français ou pas. Parce que la vérité, c’est que si l’on n’est pas d’accord avec ce qui se passe dans le pays avec le gouvernement, et que l’on veut faire stopper cette politique de persécution, alors c’est dans la bataille qu’il faut aller. Êtes-vous d’accord avec le gouvernement ? Si oui, vous êtes pour le recul de la France. Un bon citoyen se bat pour l’avancée de son pays, de sa patrie, mais pas pour sa destruction. » Le Rassemblement des collectifs des ouvriers sans papiers des foyers et de l’Organisation politique Téléphone fax : 01 43 64 76 40 s/c Le Perroquet BP 84 – 75 462 Paris Cedex 10 www.organisationpolitique.com

jeudi 22 septembre 2005

nico à la plage

Fred : Je rebondis sur une question précédente. Monsieur Sarkozy aurait-il produit quelque chose en plagiant ? Denis Demonpion : Oui. Nicolas Sarkozy a commis un livre sur Georges Mandel, lequel était très largement inspiré - pour ne pas dire pompé - d'un autre ouvrage sur Mandel écrit par l'ancien bâtonnier de Bordeaux, Bernard Favreau. Tout ceci figure en détail dans un livre à paraître en octobre chez Denoël, "Sarkozy ou le destin de Brutus", par un collectif de journalistes dont je fais partie et qui s'appelle "Victor Noir". http://livres.telerama.fr/edito.asp?art_airs=WEB1002065

dimanche 18 septembre 2005

Nico nico !

Origine et enfance Il est le fils d'un aristocrate hongrois, Pál Nagy-Bocsay Sárközy qui est né à Budapest, en 1928, dans une famille de hobereaux hongrois possédant des terres et un petit château à Alattyán, à 100 km de la capitale. À l'arrivée des Russes en 1944, la famille choisit l'exil. Après de nombreuses péripéties à travers l'Autriche et l'Allemagne, Paul Sarkozy rencontre un recruteur de la Légion Étrangère à Baden-Baden. Il signe pour 5 ans et fait ses classes en Algérie à Sidi-Bel-Abbès. Il est cependant déclaré inapte au départ en Indochine, puis démobilisé à Marseille en 1948. Son nom est francisé en « Paul Sarkozy de Nagy-Bocsa». Devenu publicitaire, il rencontre Andrée Mallah en 1949 qu'il épouse. Cette dernière, fille d'un médecin du XVIIe arrondissement de Paris, immigré juif de Salonique, est alors étudiante en droit. Nicolas Sarkozy naît en 1955. Il a deux frères : Guillaume, né en 1952, futur patron dans le textile et François , né en 1957, qui deviendra pédiatre puis chercheur en biologie. Lorsque Paul Sarkozy quitte le domicile conjugal en 1959, sa femme reprend ses études pour élever ses enfants. Elle devient avocate au barreau de Nanterre. Elle plaidera dans l'affaire Villarceaux, l'un des plus gros scandales politico-immobiliers des années 1970. Paul Sarkozy convolera encore trois fois en noces. Du second de ses mariages, il aura deux autres enfants : Caroline et Olivier. Nicolas Sarkozy passe son enfance dans le XVIIe arrondissement de Paris puis à Neuilly-sur-Seine. Il est élève au lycée privé Saint-Louis de Monceau. Il est assez mauvais élève. Sa mère lui fait ainsi redoubler sa sixième au lycée Chaptal. Ce passage du privé au public ne durera qu'une année scolaire. Il obtiendra le baccalauréat B en 1973 (sans mention), et la famille s'installe à Neuilly. [modifier] Parcours Nicolas Sarkozy en 1983 Agrandir Nicolas Sarkozy en 1983 Adhésion à l'Union des démocrates pour la République (UDR) en 1974. Délégué départemental des jeunes de Hauts-de-Seine en 1975, responsable de la section de Neuilly en 1976, secrétaire de la circonscription Neuilly-Puteaux en 1977, élu conseiller municipal Rassemblement pour la République (RPR) de Neuilly en 1977, 37e de liste sur 37. Après des études à l'université Paris X (« un élève sérieux » d'après maître El Assaad, professeur de Droit des affaires), il sort diplômé en droit public et en sciences politiques : maîtrise de droit privé en 1978, soit cinq années après son baccalauréat. En 1978, il est appelé sous les drapeaux, avant d'entrer à l'Institut d'études politiques de Paris, sans parvenir à en être diplômé. Il soutient en 1981 un mémoire de DEA sur le référendum du 21 avril 1969. Le 23 septembre 1982, il épouse Marie-Dominique Culioli, fille d'un pharmacien corse de Vico (village d'un millier d'âmes au nord d'Ajaccio) dont il a deux fils, Pierre, (né en 1985) et Jean (né en 1987). Son témoin de mariage est Charles Pasqua. Il est président du comité de soutien des jeunes à la candidature de Jacques Chirac en 1980. En 1981, après avoir longtemps hésité à devenir journaliste, il se résout au dernier moment à passer le certificat d'aptitude à la profession d'avocat, sur les traces de sa mère. Il est embauché dans la foulée par l'avocat Guy Danet. Il devient maire de Neuilly-sur-Seine à 28 ans, en évinçant Charles Pasqua en 1983. Il est chargé de missions en 1987 pour la lutte contre les risques chimiques et radiologiques au sein du ministère de l'Intérieur. Il est député à 34 ans et ministre du Budget à 38. En 1984, il rencontre Cécilia Ciganer-Albeniz, lorsqu'en qualité de maire de Neuilly il la marie à l'animateur de télévision Jacques Martin, qu'elle quittera pour lui en 1989. Après un divorce difficile, ils se marieront en octobre 1996. Il aura pour témoins Martin Bouygues et Bernard Arnault. Ils ont un fils, Louis, né en 1997. En 1993, il négocie directement avec le preneur d'otage (HB - Human Bomb), qui avait réclamé de négocier avec le pouvoir, lors de l'affaire de la maternelle de Neuilly. En 1995, il se range aux cotés d'Édouard Balladur pour la campagne présidentielle, ce qui lui vaut d'être qualifié de « traître » par les partisans de Jacques Chirac, qui gagne l'élection. Aucun poste ne lui échoit. Au cours d'un bref passage à une réunion nationale du RPR, le 15 octobre 1995, il est sifflé. En 1999, il devient brièvement président du RPR et conduit la liste de son parti aux élections européennes, marquées par le désistement de Philippe Séguin et une lourde défaite. Suivent une traversée du désert, et un livre, Libre. En 2002, il participe activement à la réélection de Jacques Chirac. Celui-ci lui préfère Jean-Pierre Raffarin comme Premier ministre mais le nomme ministre de l'Intérieur, numéro deux du gouvernement. Il impose un style musclé et fait de la sécurité sa priorité. Jouissant d'une certaine popularité, omniprésent dans les médias, il déclare vouloir s'affirmer par l'action. On lui attribut parfois la chute du nombre d'accidents de la route depuis son accès au ministère. Affichant un culte de la performance, il négocie et met en place le Conseil français du culte musulman (CFCM) et est appelé en renfort de ses collègues sur les dossiers de l'éducation et des retraites. Il bénéficie d'un succès et essuie un échec en Corse : si Yvan Colonna, recherché dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat du préfet Érignac, est arrêté alors qu'il échappait à la police depuis quatre ans, en revanche la proposition de réorganisation administrative pour laquelle il s'engage fortement, lors du référendum local du 6 juillet 2003, est rejetée. Il est nommé ministre d'État, ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, dans le troisième gouvernement de Jean-Pierre Raffarin en 2004. Il axe sa politique sur la réduction du déficit de l'État mais doit parfois céder à la demande du président ; il annonce cependant le respect en 2005 par la France du pacte de stabilité. Nicolas Sarkozy ayant ouvertement déclaré son intention de présenter sa candidature à l'élection présidentielle de 2007 et ayant laissé entendre qu'il briguerait la présidence de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) suite au départ d'Alain Juppé, Jacques Chirac, dans son entretien télévisé du 14 juillet 2004, le met en demeure de choisir entre ce dernier poste et le ministère. Lors de la convention des 28 et 29 novembre 2004, il est élu président de l'UMP par les militants avec 85,1 % des voix. Le lendemain, il présente sa démission à Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin ; il est remplacé par Hervé Gaymard. Il a fait de son épouse un de ses principaux conseillers à ses ministères, puis son chef de cabinet en tant que président de l'UMP. En mai 2005, des problèmes conjugaux sont longuement médiatisés, d'abord avec retenue, sauf dans Le Matin, que Nicolas Sarkozy attaque en justice pour « intrusion et atteinte dans la vie privée ». Finalement le 26 août 2005, Paris-Match présente Cécilia avec Richard Attias en une. Après la victoire du « non » au référendum portant sur le Traité constitutionnel européen (29 mai 2005), le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin démissionne (31 mai 2005). Si Nicolas Sarkozy n'est pas nommé Premier Ministre, il obtient néanmoins le poste de ministre d'État, ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire, au second rang de préséance. Il cumule ainsi un poste ministériel régalien avec la présidence de l'UMP, alors que ce cumul avait été jugé impossible par le chef de l'État lors de son interview du 14 juillet 2004. Il conserve en même temps la présidence du Conseil Général des Hauts-de-Seine. [modifier] Controverses et critiques Nicolas Sarkozy a suscité plusieurs controverses : * Il est accusé par la gauche et le Conseil supérieur de la magistrature de remettre en cause la séparation des pouvoirs lors d'une de ses interventions sur l'affaire Cremel, où il demande qu'un magistrat soit « puni ». Il est rappellé à l'ordre par Dominique de Villepin. * Il lance une controverse, parlant de réformer la loi de 1905 sur la laïcité, en particulier dans La République, les religions, l'espérance. * La gauche l'accuse de populisme lorsqu'il déclare à la Courneuve qu'il veut « nettoyer au Kärcher » la cité des 4 000. Le maire de la Courneuve l'accuse d'avoir fait baisser le nombre de policiers. * Ses projets de « discrimination positive » ou de quotas de l'immigration voient l'opposition franche du premier Ministre car elle est contraire aux valeurs de la cinquième république. Son style est aussi critiqué. Cible favorite de la gauche, ces derniers l'accusent de privilégier les médias en défaveur des dossiers. C'est ainsi que ses résultats sur la baisse de la délinquance sont très nuancés et critiqués. Il est également critiqué par la gauche et l'UDF de tirer parti des faits divers pour conquérir l'électorat de l'extrême-droite. Référence aux incendies dans les HLM. La controverse porte enfin sur ses amitiés politiques, notamment dans le département des Hauts-de-Seine : avec en particulier Charles Ceccaldi-Raynaud, maire UMP de Puteaux depuis 1969, et sa fille Joëlle Ceccaldi-Raynaud, choisie par Nicolas Sarkozy pour être sa suppléante à l'Assemblée nationale. [modifier] Carrière élective locale Rencontre avec des membres des forces de police en compagnie de Jean-Pierre Raffarin, le 13 mai 2002 - Copyright David Mendiboure - Service photo de Matignon Agrandir Rencontre avec des membres des forces de police en compagnie de Jean-Pierre Raffarin, le 13 mai 2002 - Copyright David Mendiboure - Service photo de Matignon * Depuis 1977, Conseiller municipal de Neuilly-sur-Seine ; * 1983 - 2002, Maire de Neuilly-sur-Seine (60 364 habitants) ; (depuis 2002 : adjoint "hors rang") ; * 1983 - 1988, Conseiller régional d'Île-de-France ; * 1986 - 1988, Vice-Président du Conseil général des Hauts-de-Seine, chargé de l'enseignement de la culture ; * Depuis 2004, Conseiller général du Canton de Neuilly sur Seine Nord, Président du Conseil général des Hauts-de-Seine. [modifier] Carrière politique * En 1977, membre du comité central du RPR. * 1978-1979, délégué national des jeunes du RPR. * 1979-1981, président du Comité national des jeunes en soutien à Jacques Chirac pour l'élection présidentielle de 1981. * 1988, secrétaire national du RPR, chargé de la Jeunesse et de la Formation. * 1989, secrétaire national du RPR, chargé de l'Animation, de la Jeunesse et de la Formation. * Co-directeur de la liste d'union pour les Élections européennes. * 1992-1993, secrétaire général-adjoint du RPR, chargé des Fédérations. * Depuis 1993, membre du bureau politique. * 1995-1997 porte-parole du RPR. * 1998-1999, secrétaire général du RPR. * 1999, président du RPR par intérim. * 1999, tête de la liste RPR-DL pour les Élections européennes de juin * mai 2000, élu président du Comité départemental du RPR des Hauts-de-Seine. * novembre 2004, élu président de l'UMP avec 85,1 % des voix. [modifier] Carrière parlementaire * En juin 1988, avril 1993, septembre 1995, mai 1997, juin 2002 et mars 2005, élu et réélu député de la 6e circonscription des Hauts de Seine ; o Juin 1988 - avril 1991, membre de la Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République ; o Avril 1991 - avril 1993, membre de la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales ; o Octobre 1995 - juin 2002, membre de la commission des finances, de l'économie générale et du Plan ; * En 1999, élu député au Parlement européen sur la liste (l'Union pour l'Europe) dont il était tête de liste. Il cède son siège au président du Comité départemental RPR des Hauts-de-Seine, Brice Hortefeux. * Le 13 mars 2005, il est réélu (avec 70,74 % des suffrages exprimés, et 41,38 % de participation), député de la 6e circonscription des Hauts-de-Seine, lors de l'élection législative partielle. Il avait perdu son poste de député en devenant ministre de l'intérieur en juillet 2002 [modifier] Carrière ministérielle Dans le RER parisien avec Jean-Pierre Raffarin le 13 mai 2002 - Copyright David Mendiboure - Service photo de Matignon Agrandir Dans le RER parisien avec Jean-Pierre Raffarin le 13 mai 2002 - Copyright David Mendiboure - Service photo de Matignon * Mars 1993 - janvier 1995, Ministre du budget, Porte-parole du gouvernement, puis chargé, à titre provisoire, d'exercer les fonctions du ministre de la communication (gouvernement Balladur) ; * Janvier - mai 1995, Ministre du budget, chargé d'exercer les fonctions du ministre de la communication (gouvernement Balladur) ; * Mai 2002 - mars 2004, Ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales dans le premier et dans le second gouvernement Raffarin ; * 31 mars 2004 - 29 novembre 2004, Ministre d'État, Ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie dans le troisième gouvernement Raffarin. * À partir du 31 mai 2005, ministre d’État, ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, dans le gouvernement Dominique de Villepin. [modifier] Citations * « Être jeune gaulliste, c'est être révolutionnaire ! », Assises nationales de l'UDR à Nice en juin 1975. * « Je suis le fils d'un immigré hongrois chassé par le communisme. Mon père a fui la Hongrie, caché sous un train, en 1949.» Libération, 1991. * « L'électro-encéphalogramme chiraquien est plat. Ce n'est plus l'Hôtel de Ville, c'est l'antichambre de la morgue. Chirac est mort, il manque juste les trois dernières pelletées de terre.» Avant les élections présidentielles de 1995. * « Nous vivons dans un monde où tout le monde n'a pas les mêmes scrupules, où tous les coups peuvent être donnés et où, pour abattre quelqu'un, on utilise tous les procédés. Rien ne me détournera de la route que j'ai choisie.» Le Monde, 2005. * "Comment peut-on être fasciné par ces combats de types obèses aux chignons gominés ? Ce n'est vraiment pas un sport d'intellectuel, le sumo!" Hong Kong, 9 janvier 2004 * « Nous allons nettoyer la cité des 4000 (à la Courneuve) au Kärcher.» Juin 2005. * « Le juge qui a remis en liberté le meurtrier de Mme Cremel devra payer pour sa faute.» Juin 2005. À la suite de ces deux dernières sorties musclées, Nicolas Sarkozy fut rappelé à l'ordre en Conseil des ministres par le Président de la République et le Premier ministre. * « La réussite et la promotion sociale ne sont pas un dû que chacun peut réclamer en faisant la queue à un guichet. C'est mieux : c'est un droit, un droit que l'on mérite à la sueur de son front ». Université d'été des Jeunes Populaires à La Baule, le dimanche 4 septembre 2005. * « Il faut fermer tous ces squats et tous ces immeubles pour arrêter ces drames et c'est ce que j'ai demandé au préfet de police parce que ce sont des êtres humains qui sont logés dans des conditions inacceptables » « A force d'accepter des gens malheureusement à qui on ne peut proposer ni travail ni logement on se retrouve dans une situation où on a des drames comme ça ». (France Inter, mardi 30 août 2005). [modifier] Œuvres * 1994 - Georges Mandel, moine de la politique ; * 1995 - Au bout de la passion, l'équilibre - Entretien avec Michel Denisot ; * 2001 - Libre ; * 2004 - La République, les religions, l'espérance - Entretiens avec Thibaud Collin et Philippe Verdin, Éditions du Cerf. * 2004 - Discours du 28 novembre - Lire le texte intégral [modifier] Décorations * Chevalier de la Légion d'honneur (12 février 2005) [modifier] Divers * En 1992, il est le témoin de mariage de Claude Chirac, dont il a un temps partagé la vie, avec le journaliste du Figaro Philippe Habert. * Son frère Guillaume Sarkozy est le vice-président du Medef. * Il a quelques amis proches dans le milieu du spectacle : Christian Clavier, Jean Reno, Michel Sardou et Didier Barbelivien. * Il est amateur de vélo et de football et soutient le Paris Saint-Germain. * Pour se définir, il a dit : « Si on ne voit pas le Mandel qui est en moi, alors on ne comprend pas ce que je fais. » * Député de la circonscription de Puteaux-Neuilly, il a et a eu pour suppléants Charles Ceccaldi-Raynaud, puis Joëlle Ceccaldi-Raynaud, ancien et actuel maires de Puteaux. [modifier] Livres sur Nicolas Sarkozy * Les deux Nicolas de Ghislaine Ottenheimer - Ed.Plon (1994) * Sarkozy, l'ascension d'un jeune homme pressé de Anita Hausser - éd. Belfond (1995) * Le Rebelle et le roi de Béatrice Gurrey - éd. Albin Michel (2004) - 240 pages, 15€ - Ce livre analyse les rapports Sarkozy-Chirac. * Sarkozy, l'homme (trop) pressé. Les dossiers du Canard Enchaîné. (2003) - 82 pages * Sarko Star de Michaël Darmon - éd. Seuil (2004) - 400 pages, 20€ - Ce livre décortique la méthode Sarkozy. * Sarkozy au fond des yeux de Nicolas Domenach - éd. Jacob-Duvernet (2004) - 267 pages Précédé par Daniel Vaillant Dominique de Villepin Ministre français de l'Intérieur Suivi par Dominique de Villepin - [modifier] Liens externes * Biographie sur le site de l'UMP * Discours, interventions officielles, sur le site du Ministère français de l'Intérieur Voir aussi Gouvernement français | Historique des gouvernements de la France Récupérée de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Sarkozy » Catégories: Avocat | Cinquième République | Personnalité politique française | Naissance en 1955 | Ancien élève de Sciences Po | Président de conseil général

samedi 17 septembre 2005

extrait d’un message privé de Brice Petit, reçu quelques heures avant son hospitalisation : ce texte n’était pas destiné à communication publique

Le délibéré du procès du 9 juin 2005 a été rendu le 31 août dernier. Le verdict a de quoi laisser perplexe toute personne sensible à la cohérence du vrai et du juste : je suis relaxé pour l’affaire d’outrage ; en revanche, Jean-Michel Maulpoix et moi-même sommes condamnés chacun à 3000 euros d’amende pour diffamation. Je n’ai donc, selon toute vraisemblance, pas outragé les policiers mais je dois verser 500 euros à chaque plaignant, 1000 euros au ministère public, 500 euros à la justice pour frais de procédure. [...] Je dois dire mon dégoût et mon épuisement physique et moral. 16 mois de cette lutte stupide m’ont sérieusement délabré. Et comment enseigner dans de telles conditions ? [...] Voilà l’état de notre justice et de notre république. J’ai pu compter un temps sur près de 6000 euros d’aides venues de part et d’autre : de ma famille, d’amis, de citoyens, de collègues, de poètes... [...] « On va t’apprendre à fermer ta gueule ! » m’avait si courageusement menacé un policier dans les caves obscènes de la garde à vue. Je comprends maintenant de quoi son propos était gros... [...] Tout ce que nos maîtres en littérature, en philosophie, nous enseignent, tout cela ne nous protège de rien dans cet Etat que l’on peut bien appeler d’exception. Car, finalement, être condamné pour diffamation parce que l’on croit juste de rapporter fidèlement ce que l’on a vécu en compagnie de la police nationale 12 heures durant, qu’est-ce d’autre qu’un déni pur et simple de la liberté d’expression ? Que vaut donc notre vie, et l’expérience que l’on en fait, s’il est interdit de la raconter telle quelle, du moment qu’elle a frôlé de près ou de loin les intouchables de la république ? Que je me taise, voilà ce qu’on m’impose en haut lieu. En bref : « que je ne sois plus ». Je me tourne donc à nouveau, pour continuer d’être, vers chacun, j’attends impatiemment votre soutien. Brice Petit

un petit coup de karcher, comme dirait l'huma

Viols, vols, violences : neuf enquêtes visent des policiers du commissariat de Saint-Denis LE MONDE | 08.09.05 | 14h28 • Mis à jour le 08.09.05 | 14h28 e commissariat de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) vit des jours sombres. Neuf enquêtes judiciaires, confiées à l'inspection générale des services (IGS), visent des policiers qui y sont affectés : quatre pour violences, deux pour atteintes à la probité, deux pour viols et une pour violences avec arme. En juin, un gardien de la paix a été suspendu et écroué en raison de sa double activité : il aidait sa femme à tenir une boutique de téléphonie où ils débloquaient et vendaient des portables volés. Mais les instructions les plus récentes ont quelques jours à peine. Les 2 et 3 septembre, le parquet de Bobigny a ouvert deux informations judiciaires. La première implique trois fonctionnaires qui ont pénétré dans un camp de Tziganes, dans la nuit du 21 août, et tiré des coups de feu sans raison valable. La deuxième concerne des viols sur des prostituées. Neuf policiers sont mis en cause dans deux séries d'agressions sexuelles commises en 2003. La hiérarchie n'est pas épargnée, sans être directement impliquée : le commissaire divisionnaire, Xavier Paldacci, a été suspendu début septembre. Une mesure rare, qui montre le caractère exceptionnellement grave des dysfonctionnements dans l'un des plus importants postes d'Ile-de-France. Il est reproché au commissaire de ne pas avoir signalé à ses supérieurs les graves abus commis par certains policiers. Le 2 juin, le parquet de Bobigny a saisi l'inspection générale des services (IGS) à la suite de dénonciations internes contre des fonctionnaires. Le 1er septembre, trois gardiens de la paix ont été placés en garde à vue. Ils ont reconnu avoir eu des relations sexuelles non consenties au cours de l'été 2003. Ils avaient embarqué les jeunes femmes à bord de leur voiture de service pour abuser d'elles, indique-t-on de source proche de l'enquête. Le 19 novembre 2003, le commissaire avait convoqué les policiers impliqués. En l'absence de plaintes des prostituées, il leur avait proposé de reconnaître au moins une fellation, en échange d'une promesse de clémence. Mutés au service des plaintes du jour, ils se sont vu notifier une simple mise en garde et une baisse d'un point de leur notation individuelle. "Il a voulu régler le problème à l'ancienne, en petit comité" , résume un commissaire proche de l'enquête. Mais cette solution "à l'ancienne" a fait long feu. Au fil de ses investigations, l'IGS est parvenue à la conclusion que le plus haut gradé du commissariat avait couvert certains de ses fonctionnaires. "Il est à noter que M. Paldacci n'a pas dénoncé ces faits en janvier 2004, quand l'IGS a enquêté sur six fonctionnaires du commissariat de Saint-Denis qui, toujours en 2003, avaient eux aussi imposé des relations sexuelles à des prostituées" , écrit la "police des polices" dans une note de synthèse. En effet, des faits similaires, survenus à quelques semaines d'intervalle en 2003, avaient déjà fait l'objet d'une vague de mises à pied en 2004. Six gardiens de la paix, âgés de 24 à 29 ans, avaient été mis en examen après avoir racketté et violé des prostituées étrangères (Le Monde du 26 juin 2004). Trois d'entre eux ont été révoqués. A l'époque aussi, l'IGS avait été saisie après des signalements de collègues, excédés par ces pratiques. Les problèmes du commissariat, où travaillent près de 200 fonctionnaires, ne se résument nullement à la seule personne de M. Paldacci. "Il sert de fusible à bon compte , explique Francis Langlade, adjoint au maire (PCF) de Saint-Denis. On lui a savonné la planche en le laissant totalement seul à la tête de ce commissariat, qui se trouve dans une situation dramatique." A Saint-Denis, un Comité pour les droits, la justice et les libertés a vu le jour il y a quatre ans pour dénoncer les violences policières. Le comité fait le constat de violences physiques et verbales répétées, d'un accueil déplorable au commissariat. "On en a assez de subir la même fin de non-recevoir depuis quatre ans, explique Françoise Davisse, membre du comité. Tout le monde ­ la justice, la hiérarchie policière, le ministère de l'intérieur ­ devrait reconnaître qu'il existe ici un problème grave dans les pratiques policières." A quatre reprises déjà, le député (PCF) de Seine-Saint-Denis, Patrick Braouezec, a saisi la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) pour des faits de violence commis dans la commune. Pour Olivier Damien, secrétaire général adjoint du Syndicat des commissaires et des hauts fonctionnaires de la police nationale (SCHFPN), la question de l'encadrement déficient dans le département se pose de nouveau, après ces enquêtes. "Est-ce seulement un problème de commandement ou un problème plus structurel ? , s'interroge-t-il. Un service qui n'est pas suffisamment encadré dérive." Piotr Smolar

vendredi 16 septembre 2005

quand je pense à nicolas je m'enflamme, je m'enflamme ...

jeudi 15 septembre 2005

affaire Brice Petit : appel à Villepin

On se souvient, il y a un an environ, de l’affaire Brice Petit. D’une part, pour Brice Petit le cauchemar n’est pas terminé : le procès approche, il faut intensifier et renouveler le soutien. D’autre part, dès que reçu l’an dernier le témoignage de Brice Petit, que nul n’a songé à remettre en cause, une vaste chaîne de solidarité s’était créée dans le monde des lettres. Nous avions été de nombreux sites à relayer ce témoignage sans rien y changer, dont remue.net et le Matricule des Anges. De ces dix sites au moins, un seul est aujourd’hui poursuivi pour dénonciation calomnieuse et faux témoignage : il s’agit de Jean-Michel Maulpoix, président de la Maison des Ecrivains, professeur à l’université Paris X, et auteur dont chacun connaît l’exigence, la rigueur, la mesure. Parfait criminel, Jean-Michel ? Cible symbolique ? J’étais récemment intervenu à ce propos dans un Rebond de Libération. Vous pouvez télécharger et diffuser la lettre ci-dessous, que Brice Petit adresse à Dominique de Villepin, ministre de l’Intérieur et auteur chez Gallimard d’un Eloge des voleurs de feu. Il est complété à la fin d’un appel que Bernard Noël, Philippe Jaccottet et Jacques Dupin ont été les premiers à signer. Que leur autorité nous soit à tous favorable. FB lettre/appel à télécharger - 19.7 ko lettre/appel à télécharger (RTF, 19.7 ko) LETTRE OUVERTE A MONSIEUR DOMINIQUE DE VILLEPIN, MINISTRE DE L’INTERIEUR Monsieur le Ministre, Je suis un homme banal. Et plus exactement un homme réel. L’homme réel que je suis marche dans des rues réelles de villes réelles comme Montpellier, Préfecture de l’Hérault, département réel. Dans ces rues patrouillent sous votre autorité des agents réels de la force publique et c’est une patrouille réelle de tels agents que j’ai rencontrée le 28 avril 2004 vers 23h30 dans la rue de Verdun, à Montpellier. Je suis en outre professeur de littérature dans un lycée réel de France et poète, un peu comme vous êtes ministre de l’Intérieur et amateur de poésie. Le poète est professeur et le professeur poète et l’homme réelles deux à la fois à chaque instant de sa vie. J’ai donc rencontré dans la rue de Verdun une patrouille d’agents assermentés sous votre autorité dans l’exercice de leurs fonctions, dans l’étrange exercice bien réel de leurs fonctions, molestant un homme à terre ayant le visage en sang, plaqué contre les pavés par plusieurs genoux, laissait encore entendre une voix, d’homme réel, une voix de supplication. Cet homme réel implorait vos agents de ne plus le battre, prière très raisonnable, étant donné que l’homme en question, menotté, cerné par une quinzaine d’agents se trouvait dans l’incapacité évidente de nuire â quiconque. De tels motifs n’ont, semble-t-il, pas été jugés suffisants pour que cesse cette violence gratuite. Un visage est un visage. Un visage battu est un visage qui me regarde, une voix qui implore appelle et par conséquent m’appelle. Au professeur de lettres et au poète j’ajouterai, sans froisser quiconque, que je suis aussi un citoyen réel, bien réel : il est vrai que mon métier consiste justement à former des citoyens responsables et conscients de leur dignité d’homme et de citoyen. Je n’ai à cet égard et dans ces circonstances rien fait d’autre que de demander, avec la politesse rigoureuse qui est la mienne, à vos agents assermentés si une telle violence était bien nécessaire. On m’a répondu de m’occuper de mes oignons. Je n’ai malheureusement pas de jardin potager, en revanche, il me semble que je possède une conscience aiguë de ce que je nommerai, faute de mieux, le sens moral. Repoussé à plusieurs reprises et de plus en plus violemment, j’ai lancé cette phrase qui a dû paraître incompréhensible et agressive à vos services : « Je n’admets pas que dans le pays de Montaigne et de Voltaire on traite un homme de la sorte ! », phrase bien naïve quand j’y repense. Le reste de la nuit du 28 au 29 avril 2004 m’a fait basculer dans un cauchemar assez insoupçonnable. Arrêté sous le prétexte fallacieux et qui serait burlesque s’il n’était pitoyablement effrayant, que j’aurais tenté de battre un agent féminin qui se jetait sur moi les deux poings en avant au cri de « On me bat ! », j’ai été conduit, non sans que l’on violente mes mains en serrant fortement les menottes qui me liaient, dans ce que l’on peut bien appeler les lamentables abîmes de la République, la cave des gardes à vue. Montaigne et Voltaire, il est vrai, pâliraient à la découverte de ce qui s’y passe. Ce cauchemar, malheureusement, n’avait rien de fortuit, ce cauchemar était, à ma stupeur, organisé. Quelle surprise n’a pas été la mienne lorsque j’ai appris que j’étais en sus accusé d’avoir insulté vos agents assermentés dans les termes de : « facho s, nazis, SS, antisémites, racistes ». Au lecteur scrupuleux de Primo Levi et de Robert Antelme que je suis, de telles accusations ne sont pas seulement bouleversantes, elles sont ignobles. Je me bats chaque jour afin d’éviter amalgames et confusions, pour que la mémoire soit contenue dans son intégrité et voilà que l’on m’impute ce discours invertébré et, comme je l’entends, insultant à l’égard de six millions d’exterminés pour lesquels notre dette est infinie. Les mots ne sont pas des marionnettes, en user de cette manière perverse ne peut aboutir à rien d’autre qu’à certaines banalisations qui me font horreur. Que vos agents assermentés en gardent l’entière responsabilité mais qu’il soit clair, entre vous et moi, qu’une telle rhétorique propagée à leur convenance par vos agents afin d’étouffer un geste républicain et humaniste ne peut manquer de se retourner contre la République que nous servons. Aujourd’hui, l’honneur que je conserve intact en moi n’a besoin d’aucun tribunal pour être lavé et rétabli. En revanche, vos agents qui n’en ont guère trouvent bon de m’enfoncer le visage dans la boue en me réclamant des sommes exorbitantes sous le prétexte que mon témoignage rendu public auprès des seuls poètes et amateurs de poésie, dont vous êtes, aurait sali leur honneur. Etrange honneur que celui-ci qui ne redevient blanc que dans l’argent. Autant de faits qui ne sont évidemment pas les valeurs sur lesquelles se fondent l’acte poétique, l’enseignement ni la formation du citoyen. Une question demeure donc à vous poser, à vous, Monsieur le Ministre, ainsi qu’au Président de la République : comment est-il encore possible d’enseigner des valeurs qui se révèlent illégales dès qu’elles s’appliquent à la police notre pays ? En d’autres termes, me demande-t-on d’accomplir l’ignoble travail de défendre en paroles la dignité humaine dans mes classes tout en me gardant, sous peine d’être impitoyablement brisé, d’en appliquer l’impératif moral en acte ? L’école de la République (et je n’ose même plus parler de la poésie) est-elle théorique, pratiquement nulle ? Les mois qui ont suivi ce cauchemar hélas républicain m’ont conduit à tant de témoignages similaires au mien, à tant de vies brisées par vos services que je ne puis que m’en insurger. Que la chose arrive à un professeur agrégé de littérature et poète, c’est-à-dire empreint d’une éthique sévère du langage, le fait, je vous l’accorde, est rare. Mais tel n’est pas le cas de milliers de jeunes gens qui n’auront malheureusement pas les moyens linguistiques, financiers et donc juridiques de faire entendre clairement leur juste cause. Je pense à eux, dans ces moments pénibles que je vis pourtant si loyalement et amicalement entouré. Je pense aussi aux valeurs irréductibles que nous ont léguées la Résistance et ses poètes, en tête desquels ce René Char auquel je suis attaché autant que vous. Les plaintes pour outrage et rébellion se multiplient depuis quelques années à un rythme exponentiel qui n’a aucune commune mesure avec l’augmentation faible des délits et des plaintes pour violence portées par la police (en cette occurrence les agents ont tout de même besoin de fournir un certificat médical ce qui n’est pas le cas pour la plainte d’outrage et rébellion). Le sociologue Fabien Jobard a constaté au terme d’une étude portant sur plus de 1500 affaires d’infractions à dépositaires de l’autorité publique jugées que les policiers se constituent plus fréquemment partie civile lorsque le prévenu est d’origine maghrébine que lorsqu’il ne l’est pas. Pourquoi ? Les peines de prison sont elles-mêmes plus sévères à l’égard des prévenus d’origine maghrébine. Pourquoi ? Les fameuses zones de non-droit s’avèrent, à l’encontre de tout le bavardage des gens mal informés qui n’y vont d’ailleurs jamais, des zones d’une surveillance qui s’apparente à un véritable harcèlement juridique. Pourquoi ? Dans la deuxième moitié de l’année 2004, vos services de la région Rhône-Alpes ont eu l’effroyable privilège de tester une nouvelle arme d’interpellation, pistolet électrique dont la décharge provoque sur la personne de l’interpellé l’équivalent d’une crise d’épilepsie. J’ai rencontré le frère de la première victime de cette manière ignoble d’appréhender un homme. Le garçon en question, qui n’avait pas commis le moindre délit et qui n’a servi somme toute que d’expérimentateur, n’a même plus la force morale de se défendre d’une arrestation arbitraire, autoritaire, indigne de la République. Il purge passivement une peine de prison pour outrage et rébellion. Qui a été l’outragé ? Le violenté ? Le brisé ? Vous direz que tout cela n’est plus de votre ressort, que de telles souffrances relèvent de la seule justice. Je vous répondrai que l’incroyable appareil de protection et de bienveillance conféré à vos services l’a été par votre ministère, qu’il s’agisse de vous ou de vos prédécesseurs, toutes couleurs politiques confondues : ce lamentable droit de demander pour son propre compte des dommages et intérêts dont bénéficie la personne privée de vos agents est un droit abusif dont le ministère de l’Intérieur est le garant. Il ne fait illusion à personne qu’un tel droit n’a d’autre motivation que celle d’arrondir le salaire de certains fonctionnaires de la République. Serait-il possible que le ministre veuille bien avoir un jour conscience que certains de ses propres agents ont la fâcheuse tendance d’en abuser ? Serait-il possible que cette parole d’évidence parvienne jusqu’aux oreilles des autorités ? Brice Petit Appel à signer, transmettre par mail à bricepetit[@]voila.fr Les poètes, humains plus que prométhéens, de ce pays, attentifs au respect de la personne humaine et du langage qui nous lie les uns aux autres, respectueux du visage de l’autre, de l’anonyme qui vient à nous, suffisamment conscients que bafouer les mots c’est bafouer la liberté toute entière, demandent au ministre de l’Intérieur Dominique de Villepin : - de faire en sorte que ses services agissent en toute circonstance dans le respect de la vérité et de la dignité humaine - que ces principes élémentaires de la République soient rappelés avec force aux gardiens de la sécurité publique et qu’ils soient au centre de l’apprentissage de ces métiers - que les services chargés de la sécurité soient invités à n’abuser en aucune sorte des droits qui leur sont conférés et que, si tel était le cas, de véritables organismes de contrôle républicain puissent en être saisis, et, le cas échéant que ces droits soient réexaminés - que les vexations multiples dont les centres d’arrêt de gardes à vue sont le théâtre soient abolies - que l’on veille scrupuleusement à l’égal traitement de tous les citoyens en ce qui concerne les peines d’outrage et rébellion et que celles-ci soient soumises à un contrôle rigoureux afin que leur augmentation injustifiée cesse Bernard Noël - Philippe Jaccottet - Jacques Dupin 16 mars 2005 Deux écrivains, deux professeurs face à la justice Deux écrivains, l'un et l'autre également professeurs de lettres, condamnés en première instance le 31 août par le tribunal de Montpellier à 6000 euros d’amende et de frais de justice pour avoir diffusé un témoignage sur des violences policières.Deux écrivains, l'un et l'autre également professeurs de lettres, condamnés en première instance le 31 août par le tribunal de Montpellier à 6000 euros d’amende et de frais de justice pour avoir diffusé un témoignage sur des violences policières. La scène, hélas, est devenue presque ordinaire : un citoyen assiste par hasard dans la rue à l’une de ces interventions policières que l’on dit « musclées » : S.D.F à terre, le visage en sang, badauds aux fenêtres et forces de l’ordre aux abois. Indigné par tant de violence inutile, il juge opportun de dire tout haut ce qu’il en pense, avec calme, mais fermeté. Comme il refuse de « circuler », on le menotte, on l’embarque au commissariat, on le fouille au corps, il passe la nuit dans une cellule sur une planche en bois. Au matin, on l’inculpe pour outrage à agents, non sans le « charger » au passage pour des insultes qu’il se défend d’avoir prononcées. C’est ce qui est arrivé, le 28 avril 2004, à l’écrivain Brice Petit, directeur de la revue Moriturus , jeune professeur agrégé de Lettres, apprécié de sa hiérarchie pour son sérieux et sa rigueur. Dès le lendemain, de retour chez lui, il rédige un compte rendu acéré des faits qu’il diffuse par mail à ses amis et connaissances. Un collectif se constitue, qui appelle à soutien. Recevant, comme des centaines d’autres, ce témoignage si troublant, j’ai décidé spontanément de le publier, tel quel, sur ce site web, pour contribuer à le faire connaître. Sans se concerter, une vingtaine d’autres sites font de même. Quelques mois plus tard, sans que le moindre avertissement préalable me soit parvenu, je me suis vu brutalement cité à comparaître, ainsi que Brice Petit, pour diffamation. L’un des policiers mis en cause avait découvert par hasard sur internet le texte où figurait son nom : à titre de document, pour appuyer ses dires, Brice Petit avait cru bon de faire figurer l’intégralité du procès verbal dressé à son encontre, sans biffer le nom des trois fonctionnaires ayant déposé contre lui… L’affaire a été jugée le 9 juin 2005 et le verdict vient juste de tomber : Brice Petit est relaxé du grief d’outrage, mais condamné, ainsi que moi-même, pour diffamation, à 3000 euros d’amende et de frais de justice. Cruelle et curieuse sentence, qui tout à la fois désavoue et ménage la police ! Les témoignages convergents cités à l’audience par la défense de Brice Petit auraient-ils semé le doute dans l’esprit des juges ? Les policiers font appel, désireux sans doute de sanctions plus lourdes et de « compensations » financières plus substantielles. Le parquet suit, bien qu’il eût demandé à l’audience des peines moins sévères que celles prononcées. Pot de fer contre pot de terre, quel espoir le combat juridique qui s’engage laisse-t-il à ceux qui n’ont cherché à humilier personne mais simplement voulu faire preuve d’un esprit de responsabilité et de solidarité, en rapportant des faits singuliers dans le seul but d’inciter à la réflexion commune ? Ceux qui visitent régulièrement ce site web afin d’y recueillir des documents critiques sur la poésie moderne et contemporaine savent sans doute qu’il n’a rien d’un brûlot et que l’esprit de mesure y prédomine. (Je n’y ai d’ailleurs laissé en ligne que très peu de temps ces pages.) S’il me faut expliquer à nouveau ce geste d’engagement soudain, je dirai simplement que pour un intellectuel la légitime révolte contre les abus de pouvoir, ainsi que l’esprit de solidarité sont parfois plus forts que la frilosité. C ’est l’honneur de ceux qui écrivent et publient que de ne pas passer sous silence des témoignages où leur propre pratique assidue de la lecture, de la critique et de l’écriture, en vient à discerner des accents de sincérité et de vérité assez convaincants pour qu’il soit alors de leur devoir moral de les faire connaître. N’est-ce pas la liberté d’expression, le devoir moral d’engagement, l’esprit de solidarité et de responsabilité que frappe par contrecoup ce jugement ? N’y a-t-il plus de place dans notre société pour autre chose que la dureté inflexible de la loi ? Nous savons que la société reconnaît aux journalistes un droit à la diffusion de l’information et à son commentaire. Cela confère à leur action la force d’un contre-pouvoir salutaire. Les médias auxquels ils sont liés par contrat les protègent. Leur carte de presse est un précieux sésame… Rien de tel pour l’écrivain devenant à l’occasion « webmaster » : il fait seul ses choix, sans protection ni secours. Ni jurisprudence, ni structures éditoriales, ni association, ni société de presse ayant pignon sur rue ne le garantissent des rigueurs juridiques. Il agit selon son esprit de responsabilité propre, en s’en remettant à son jugement perso nnel et à son intime conviction. Il n’a, pour se défendre, que sa plume et son clavier. Les réflexions auxquelles invite ce pénible procès outrepassent largement l’affaire en cause et ses protagonistes. C’est pourquoi j’appelle toutes celles et tous ceux qui ne restent pas insensibles à cette cause à manifester à la fois leur inquiétude et leur soutien. Jean-Michel Maulpoix Le 9 septembre 2005 Du bon usage de la force et de la parole publiques Le verdict rendu par le tribunal correctionnel de Montpellier le 31 août dernier dans « l’affaire Brice Petit » ouvre un débat de fond à propos des relations entre la police et les citoyens. En complément au texte publié sur mon site le 9 septembre, je propose ici quelques pistes de réflexion plus larges. Il semble urgent de rappeler à ceux qui disposent par contrat public de l’exorbitant pouvoir de sanctionner autrui que leur responsabilité est proportionnelle à ce pouvoir même, et qu’ils sont comptables de leurs actes devant la société tout entière. Si compétents que puissent être les organismes de contrôle et de régulation mis en place par l’État pour limiter et surveiller les pouvoirs de police et de justice, ceux-ci ne sauraient se contenter de leur rendre épisodiquement des comptes. En tout état de cause, ce n’est pas devant l’IGS que les policiers pourront vérifier leur légitimité, mais dans le regard que les citoyens portent sur eux. Ainsi qu’il est écrit dans l’article 12 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, « la garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux à qui elle est confiée. » Pour se montrer respectueux des lois, les citoyens doivent avoir confiance en la police, la justice et l’État : leur propre civisme dépend du bon fonctionnement de ces trois instances. Toute injustice flagrante, tout abus de pouvoir, toute collusion, tout jugement expéditif ou immotivé menace les fondements de la démocratie. Ainsi n’est-il pas de pire incitation à la violence que le rapport vexatoire infligé à un citoyen, quel qu’il soit, par un représentant de l’ordre. Tout agent assermenté dispose d’un pouvoir exemplaire qui ne peut être exercé qu’avec la plus grande rigueur. Or la Commission nationale de déontologie de la sécurité (C.N.D.S) rappelle dans son rapport de 2004 que face à des plaintes déposées contre eux, « un esprit de corps conduit des fonctionnaires à se solidariser et à uniformiser leurs dépositions au risque de couvrir des actes illégaux de collègues. » Dans quelle estime peut être tenu un privilège – qui n’est en vérité qu’une charge – ainsi bafoué ? Si la parole d’un policier vaut davantage que celle d’un simple citoyen, son mensonge est autrement coupable: il constitue, à proprement parler, un abus de pouvoir. Faut-il rappeler ce vieux principe que formulait Beccaria dès le milieu du XVIIIè siècle : la nature et la mesure de la peine infligée par un tribunal doivent être définies en fonction de son utilité sociale ? Quel intérêt trouve donc la société à condamner lourdement ceux qui rappellent la police à ses devoirs ? Protéger une institution vaut-il mieux que s’appliquer à la rendre plus respectable ? « Conserver », protéger la société suppose que l’État s’attache à la préservation des contrats sur lesquels elle repose. Quand une intervention verbale comme celle qu’a risquée Brice Petit face aux forces de l’ordre le 29 avril 2004 n’est à l’évidence dictée ni par la passion ni par le désir de nuire, et quand le texte qui la rapporte ensuite pour en décrire les conséquences n’a à l’évidence pour objet que d’alerter l’opinion sur des abus, peut-on dire que la société soit menacée ? Plutôt que de jeter le discrédit sur les forces de l’ordre, un citoyen a légitimement souhaité faire entendre ce que chacun est en droit d’attendre de leur action. Juridiquement discutable son geste n’est-il pourtant celui d’un citoyen responsable ? Nous n’avons rien de bon à attendre d’un monde où chacun garderait frileusement le silence, ou n’ouvrirait la bouche face aux autorités qu’en présence de son avocat. Jean-Michel Maulpoix Les poètes et la police Supplément de dernière minute au n° 3/4 de moriturus, 30 avril 2004. Brice Petit, notre collaborateur et ami, est convoqué au tribunal correctionnel de Montpellier le 5 octobre 2004 à 14h (Palais de Justice, salle Pierre Michel). Trois agents de police assermentés ont déposé contre lui, le 29 avril dernier, six lignes d’accusations parfaitement mensongères, qui mettent notre ami en danger et qui, plus gravement, tentent d’asservir la langue aux seules fins policières, aux logiques de l’arbitraire et de la brutalité. Les membres et amis de moriturus dénoncent, et dénonceront sans relâche cette calomnie, que l’on peut qualifier de criminelle. Nous produisons ci-après trois pièces du dossier – trois textes – trois points de vue : celui de la police (texte de la déposition contre Brice Petit), celui de l’intéressé lui-même, et celui de Cédric Demangeot, témoin principal de toute la scène du 28 avril. Ce témoignage s’achève sur un appel au soutien des poètes, et de tous ceux que la langue concerne. I. Convocation en Justice de Brice Petit, texte officiel. “ Montpellier, le 29 avril 2004 Sur instructions de monsieur le magistrat de permanence auprès de monsieur le Procureur de la République, Nous, X Brigadier-Chef de Police, Agent de Police Judiciaire, convoquons pour l’audience [tribunal correctionnel] qui se tiendra le 05 octobre 2004 à 14h. au palais de justice de Montpellier, place Pierre Flotte, Salle Pierre Michel ( Juge unique) Monsieur PETIT Brice, pour avoir à Montpellier, le 28 avril, en tout cas sur le territoire national et depuis temps n’emportant pas prescription, outragé par parole, gestes, menaces, écrit non rendu public, image non rendue publique, envoi d’objet, de nature à porter atteinte à la dignité ou au respect dûs à la fonction de Y, Z, B, personnes dépositaires de l’autorité publique, dans l’occasion ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions, en l’espèce BANDE DE FACHO VOUS N’ETES QUE DES NAZIS DES SS DES RACISTES ANT SEMITES TU ES UN INCULTE RETOURNE A L’ÉCOLE TU ES UN FACHO Faits prévus par : Art. 433-5 al.1, al. 2 du Code Pénal. Réprimés par : Art.433-5 al.2 ; Art. 433-22 du Code Pénal. ” NB : toutes les coquilles et/ ou fautes d’orthographe de cette page sont strictement conformes à l’original. II. Déclaration de Brice Petit Cairanne, le 30 avril 2004 Depuis le jeudi 29 avril 2004, à midi, heure de ma sortie de douze heures de garde à vue, je suis inculpé d’outrage à agent de la force publique en la personne de X , Y, B et d’incitation à l’émeute. Les charges sont graves, surtout depuis les dernières lois Sarkozy et je suis ainsi passible d’emprisonnement, d’une amende conséquente et de l’inscription d’une telle condamnation sur mon casier judiciaire (vierge), ce qui compromet sérieusement l’exercice de mon métier de professeur agrégé de Lettres dans l’Education Nationale. Le procès verbal spécifie que j’ai outragé ces agents « par parole, gestes, menaces, écrit non rendu public (sic), image non rendue publique, envoi d’objet de nature à porter atteinte à la dignité et au respect dus à [leur] fonction ». En fait d’objet, de gestes, de menaces, de parole, je n’ai adressé à ces agents et à la douzaine d’autres présents sur les lieux que l’indignation la plus raisonnable et rationnelle possible face à l’intervention extrêmement violente qu’ils étaient en train d’accomplir sur la personne d’un homme jeté à terre, le visage en sang, implorant qu’on cesse de le brutaliser. Le procès verbal cite en ces termes le contenu de mon intervention : « Bande de facho (sic), vous n’êtes que des nazis des SS, des racistes antisémites, tu es un inculte, retourne à l’école, tu es un facho », le tout en vrac et en majuscules. Ma surprise à la lecture de ces paroles qui me sont attribuées ne se mesure pas. Je n’ai, pour mille raisons que beaucoup d’entre vous connaissent et vivent, pas prononcé le moindre traître mot de cette espèce. Tout d’abord je n’aurais certainement jamais l’audace voire l’indécence de me prendre, ni même cet homme à terre en sang, pour un Juif de 1942. D’autre part ce vilain petit catalogue d’insultes, pratiquées sans doute dans leur esprit par « l’intellectuel gauchiste » type, comporte de telles contradictions insensées, une telle méconnaissance de l’Histoire, de tels amalgames de paresseux que je puis prétendre ne pas être capable de seulement les articuler à la légère. J ’ajoute que provenant d’agents assermentés ces déclarations, monstrueux tissu de mensonges, sont légalement paroles d’évangile. Enfin je n’ai vu qu’un visage en sang, un corps étranglé et au-delà de cela un anonyme, en rien un Juif, un Noir ou un Arabe. D’insultes, je n’en ai prononcé aucune. Les quelques phrases que je me rappelle avec certitude avoir émises de ma taille d’homme face aux forces de l’ordre furent les suivantes : « Vous n’avez pas le droit de traiter un homme comme cela ! Pourquoi une telle violence ? Est-ce que c’est nécessaire ? Nous sommes dans un pays humaniste ! Cet homme est en sang ! » et, le ton montant : « Je n’accepte pas que dans le pays de Montaigne, de Voltaire, de Rousseau on traite un homme de cette manière. C’est inacceptable, intolérable. Vous faites preuve d’une brutalité sans nom. » Pour revenir en quelques mots aux circonstances, je marchais sur le coup des 23 heures 45 du mercredi 28 avril 2004, avec Cédric Demangeot dans le quartier de la gare à Montpellier. Nous sommes, lui et moi, tombés au croisement de deux rues sur une intervention policière violente visant à interpeller deux hommes qui, je l’ai appris de leur part plus tard (en garde à vue), s’étaient battus à propos d’une misérable question de trente centimes. C’est devant ce déploiement d’une quinzaine de policiers et l’extraordinaire férocité dont ils firent preuve sur l’un de ces hommes que la situation m’est devenue proprement insupportable. Les paroles que j’ai citées plus haut ont suivi. A cela il m’a été répondu seulement que je devais « m’occuper de mes oignons ». Ce à quoi j’ai rétorqué qu’en tant que citoyen ce qui se passait dans la sphère publique me regardait. A deux reprises un agent, un homme, puis une femme, m’ont repoussé violemment des deux mains, si bien que très vite je me suis retrouvé à une vingtaine de mètres de la scène, ne nuisant aucunement à l’arrestation qui se poursuivait. L’agent de police féminin en se jetant sur moi s’est écriée que je la battais ! (c’est sans doute elle qui m’accuse de gestes et de menaces). Un homme d’une soixantaine d’années (voyez l’émeute) a crié une bonne dizaine de fois qu’il était « pour la police ! » et m’a traité tout aussi régulièrement de « socialiste » (j’ignorais que dans notre pays ce fût une insulte). C’est à lui que j’ai dit de retourner à l’école pour y apprendre ce que c’est que la France. Pour finir et comme je ne me taisais pas, un des agents d’un « on l’embarque » a provoqué un raffut autour de moi, passage des menottes auquel je ne me suis d’ailleurs pas opposé ce qui ne l’a pas empêché d’être violent : une main s’est collée sur ma bouche pour que je me « la ferme ». Mes lunettes m’ont été arrachées et j’ai été conduit au fourgon, transféré au commissariat. Du fourgon au rez-de-chaussée, la femme chargée de me mener (sans doute l’une des deux plaignantes) a bien pris soin de retourner sur elle-même la chaîne de mes menottes afin que celles-ci endommagent mes mains, ce que j’ai fait constater depuis par un médecin. On m’a ensuite proprement jeté sur un siège dans un couloir et cette même femme m’a enfoncé mes lunettes sur le visage avec un mépris tout étudié. J’ai entendu dans un couloir parallèle prononcer le mot « intello » suivi de : «Il nous a traités de nazis, de SS ». Je sais avoir littéralement jailli de mon siège à ces mots, criant : « Certainement pas ! Jamais de la vie », ce qui m’a valu l’arrivée tambour battant d’une dizaine d’agents menaçants ainsi que de la femme qui parlait (celle qui plus tôt avait hurlé que je la battais) et qui a dit que j’étais un homme complètement fou. C’est à ce moment-là qu’un autre agent m’a dit que l’on allait « m’apprendre à fermer [ma] gueule ». L’agent qui avait décidé que l’on m’ « embarque » m’a ensuite conduit au sous-sol et, ouvrant la porte grillagée de la garde à vue, m’a lancé : « Et maintenant, les pénales ! ». Puis j’ai été aussitôt attaché à un banc et quelque temps plus tard mené à la fouille où l’on m’a demandé de me déshabiller entièrement, (au matin, j’eus droit à la séance des empreintes digitales et aux trois portraits photographiques réglementaires). J’ai pu voir un avocat commis d’office pendant un quart d’heure. On m’a ensuite conduit dans une cellule : une planche sur un bloc de ciment. A trois heures et demie du matin, un officier de police a pris à l’étage ma déposition qui contredit point par point les accusations qui me sont imputées. L’homme l’a fait, je dois le dire, de façon courtoise et respectueuse, sans modifier le texte que je lui dictais. Le reste de la garde à vue s’est déroulé dans des conditions difficiles : cris et hurlements dans bon nombre de cellules ; je me souviens de cet homme qui demandait à boire (il faisait une chaleur éprouvante), qui hurlait qu’il n’avait pas bu d’eau depuis quinze heures et qu’on a gentiment fait lanterner une bonne heure. De même et alors que les toilettes faisaient face à nos cellules, on ne répondait à la demande de ces besoins élémentaires qu’avec le cynisme interminable qui semble être la seule loi d’un tel lieu. J’ai compris pourquoi ma planche puait l’urine. J’ai attendu trois quarts d’heure que l’on me permette d’accéder aux toilettes, à dix heures du matin, alors que plusieurs agents de la République, clés en main, passaient débonnairement devant moi et entendaient d’une oreille quasi amusée ma demande retournée en humiliation. Jusqu’à midi je n’ai entendu dans les cellules que ces perpétuelles doléances, « manger, boire, pisser », toujours traitées avec le même mépris systématique pour la personne humaine. Et j’ai entendu dans la cellule voisine un corps se jeter contre les cloisons et la porte, une tête frappant à plusieurs reprises le mur. Dans cet endroit le langage n’existe pas, on ne répond jamais à vos questions ou alors d’une façon tout allusive et fantaisiste qui semble sans cesse être un motif de satisfaction pour l’autorité. Je suis encore bouleversé et consterné d’avoir fait une telle expérience. A ma demande j’ai pu consulter le médecin des lieux à propos de ma main droite. Ce monsieur m’a dit que les menottes avaient effectivement cette conséquence et qu’en ce qui le concernait ces traces étaient sans importance et que d’ailleurs il ne s’intéressait qu’aux traces et que la douleur n’était pas de son ressort parce qu’invérifiable. Il a jugé bon de me dire que ses parents lui avaient inculqué le respect des forces publiques. III. Cédric Demangeot Témoignage concernant l’arrestation de Brice Petit et les incidents qui l’ont précédée. Commentaire et appel au soutien des poètes. Le mercredi 28 avril 2004 entre 23 h 30 et minuit, nous rentrions, Brice Petit et moi-même, d’un “dîner en ville” bien mérité, après avoir donné à notre imprimeur, dans l’après-midi, le “Bon à tirer” du n° 3/4 de moriturus ( “ l’A ” ). Nous allions, d’humeur plutôt joyeuse, à pied dans une des rues avoisinantes de la place de la Comédie à Montpellier, rue de Verdun si mes souvenirs sont bons, quand nous sommes tombés sur un “coup de poing” policier en pleine rue. Deux cars de police, une bonne douzaine d’hommes, certains armés de pistolets “flash-ball”, les autres des traditionnelles matraques noires, venaient d’arriver en trombe et d’encercler, sur une petite place, à côté de l’échoppe d’un marchand de pizzas, un homme seul, d’une quarantaine d’années, habillé pauvrement, visiblement sans arme et affaibli, le visage en sang. Cet homme, qui visiblement n’était pas en train de braquer quoi que ce soit, cet homme qui sortait seulement amoché d’une simple bagarre de rue, était soudainement pris de panique à la vue du détachement armé qu’on dépêchait soudain pour lui, il se mit à geindre, à implorer comme un enfant qu’on le laisse, qu’il n’avait rien fait, qu’on ne l’emmène pas. “Laissez-moi”, disait-il en pleurant devant la quarantaine de badauds qui entouraient la scène, “je suis un adulte, j’ai deux enfants, etc.” Pendant ce temps les trois agents chargés de l’arrestation physique de l’homme le mirent brutalement à terre, comme s’il s’agissait d’un homme dangereux ou armé, et plaquèrent à l’aide d’un ou deux genoux sa face déjà passablement ensanglantée contre le pavé. L’homme humilié criait, pleurait. Tout ceci se déroula en quelques secondes sous nos yeux, comme nous traversions, Brice Petit et moi-même, la petite place. Spontanément choqués par la brutalité de la scène, par l’énormité et le dérisoire de ce rapport de forces sans commune mesure, nous n’avons pas pu nous taire. Brice Petit notamment, s’adressant en passant à deux ou trois policiers, – non pas ceux chargés de l’intervention physique, mais ceux du “cordon” de sécurité qui entourait la scène –, demanda s’il était nécessaire de traiter ainsi cet homme, de l’humilier de la sorte, si on ne pouvait pas procéder à son arrestation plus dignement. Les deux policiers interpellés se mirent aussitôt à nous repousser physiquement, avec une brutalité certaine, en nous demandant pour toute réponse de “fermer (notre) gueule” et de “circuler”. Mais nous ne voulions pas encore nous taire à si bon compte. Et, aux premières questions concernant le traitement de l’homme à terre, s’ajoutèrent celles à propos de leur volonté déplacée de vouloir nous faire taire, et nous défendre d’assister à une scène de rue (“ne restez pas ici” , “ne vous mêlez pas de ça”, “dites à votre copain de fermer sa gueule” et “casse-toi petit con” sont les aimables répliques que j’ai moi-même, dans le désordre général, essuyé de la part d’un agent du “cordon”). Très vite, je vis que les policiers, maintenant trois ou quatre, qui entouraient Brice Petit et l’éloignaient progressivement de moi, commençaient à s’énerver. Brice Petit, lui, gardait un sang-froid dont je me souviens qu’il m’impressionnait. Si le ton montait à chacune de ses répliques, c’est parce qu’on lui répondait par des bourrades physiques de plus en plus musclées; et si ce ton “montait”, c’est seulement, si je puis dire, son volume en décibels qui augmentait : jamais, à aucun moment Brice Petit ne dérapa dans son vocabulaire, et même au plus fort de la colère il continuait (avec une maîtrise qu’il faut bien dire assez admirable, et qui força sur le moment même mon admiration) à s’adresser à ses interlocuteurs en phrases claires, correctes, intelligibles et sensées – je dirais même : modérées et polies : il continuait à dire “Monsieur” et à vouvoyer ceux qui le repoussaient en lui donnant des coups dans les épaules. Je me rappelle précisément, au mot près, des phrases prononcées par Brice Petit ce soir-là. Non seulement il n’a pas prononcé la moindre des injures insensées qu’on lui impute, mais il en était même très loin, s’en tenant presque étrangement au registre du “républicain modéré”, dans une langue toujours irréprochable et presque, pour l’époque en tout cas, châtiée. Voici, notées de ma main dans la nuit, quelques unes de ses répliques, dérisoires en regard de l’obscénité de celles qu’on lui attribue : - A un policier qui lui signifiait que sa simple prise de parole était “un délit”, Brice Petit répondit : “Un délit ? mais je ne fais que prendre la parole, Monsieur !”. - A aucun moment Brice Petit n’a parlé, ni de près ni de loin, de “fascisme”. Encore moins de “bande de facho, nazis, antisémite”. Il a seulement dit : “Je suis un citoyen, Monsieur, et nous ne sommes pas en dictature, que je sache.” Puis : “Et l’humanisme, Monsieur, savez-vous ce que c’est ? Avez-vous jamais entendu parler de l’humanisme ?” - A aucun moment le propos de Brice Petit n’a porté sur le thème du “racisme”– et pour cause : son discours, qui était simplement celui d’un humaniste, ne parlait jamais que, je cite, “d’un homme”. Ce mot “homme” est revenu au moins trois ou quatre fois dans sa bouche (“pourquoi humiliez-vous cet homme; cet homme est en sang; pourquoi mettre cet homme à terre; avez-vous besoin de brutaliser cet homme pour l’arrêter ?”). Brice Petit n’a pas fait la moindre allusion aux origines de l’homme à terre, et n’a jamais prononcé les mots de “raciste” ou d’ “antisémite” à l’adresse de qui que ce soit. Très vite, un des badauds se mêla à la scène. Un homme d’une cinquantaine d’années qui s’adressait à nous en nous répétant presque machinalement ces deux seules phrases : “Je suis pour la police, moi, alors fermez vos gueules.”... et cette interjection pour le moins surprenante : “Socialistes !”. Il les répétait en alternance en nous toisant d’un visible mépris mauvais. A la première de ces deux phrases, Brice Petit répondit : “Pour la police ? mais vous oubliez que la police n’est pas un parti politique, Monsieur !”. A la seconde (“Socialistes !”), il s’indigna de l’énormité qui consiste, dans une République, à se servir d’un tel terme comme d’une insulte. C’est à ce moment qu’il demanda, à ce badaud et non à un policier, non pas de “retourner à l’école”, mais seulement “si on ne lui avait pas appris, à l’école, ce qu’était la République.” Quant à moi, je posai à un des policiers la question de savoir pourquoi ils n’avaient pas souci de faire taire cet homme autant que nous, pourquoi ils le laissaient, lui, libre de commentaires on ne peut plus douteux, quand notre prise de parole somme toute modérée était qualifiée de “délit”. Rapidement, tout dégénéra. Une femme agent de police alla brutalement au contact de mon ami, le repoussa en le frappant de ses deux mains aux épaules en criant : “Il me bat ! il me bat”. J’étais abasourdi par l’énormité de ce mensonge, Brice Petit n’ayant depuis le début de la scène jamais esquissé le moindre geste du bras ou de la main, ne faisant que reculer et parler, parler et reculer sous les bourrades de la police. Cette femme n’avait pas peur de mentir effrontément devant la quarantaine de personnes présentes autour, comme si elle savait son mensonge par avance validé. Cela prenait une tournure inquiétante et en effet, Brice Petit fut à ce moment immobilisé sous mes yeux par quatre policiers, un qui lui serrait le buste, deux qui lui tenaient les bras derrière le dos et lui passaient les menottes, un autre enfin qui lui tenait la tête renversée en arrière en le bâillonnant brutalement de la main. On le conduit alors à un camion de police qui démarra aussitôt, sans me laisser la moindre chance d’intervenir. Menacé d’être “embarqué” moi aussi lorsque je me mis à m’indigner de l’arrestation de mon ami, je fus une fois de plus violemment écarté, et contraint de m’éloigner. Appel aux poètes – etc. Mon témoignage proprement dit s’arrête-là. La conclusion en est très simple : je suis pris de stupeur à la lecture, le lendemain, de la convocation en justice de Brice Petit. L’intégralité de ce qui lui est reproché est de toute évidence entièrement faux et fabriqué. Six lignes de mensonge pur et simple, et qui mettent finalement en danger, parce qu’il s’agit bien de ça, l’homme le plus intègre. Brice Petit n’a pas, je le répète, prononcé la moindre injure ce soir-là, pas la moindre phrase déplacée; il n’a donc pas “outragé par parole” la police. Or , s’il ne l’a pas “outragée par parole”, il l’a encore moins – l’accusation est plus grave ! – outragée par “gestes, menaces, écrit non rendu public, image non rendue publique, envoi d’objet”... !!! Ces accusations ne se contentent pas d’être effrontément mensongères, elles sont aussi d’une absurdité considérable, à la limite du grotesque. Est-il besoin de préciser que les seuls “envois” de Brice étaient verbaux, et que, s’ils ne manquaient pas d’un certain panache, ils ne prenaient en aucun cas la tournure de “menaces” ?? Le voit-on, ce professeur de français d’un mètre soixante-dix, ce “petit poète” comme il aime à se qualifier, se prendre à “menacer” douze solides porteurs de matraques et les arroser d’ “envoi d’objet” (sic) ??? Je ne veux pas faire ici le travail de l’avocat de Brice Petit, mais je ne peux pas ne pas souligner cet écart flagrant, cette licence injustifiable, éminemment coupable que les forces de l’ordre se permettent de prendre avec la réalité la plus évidente – avec la vérité. Heureusement pour Brice Petit, la grossièreté des moyens déployés contre lui suffit à trahir ses accusateurs. A la fausseté flagrante des chefs d’inculpation s’ajoute celle, encore plus criante, des propos “cités” (en capitales), en fait attribués à mon ami : leur seule rédaction – informe, incohérente, caricaturale et grossière – les dénonce. Un homme qui consacre depuis bientôt quinze ans sa vie au seul langage, à la conscience qu’il se doit d’en avoir, à ses formes enfin les plus exigeantes et les plus désintéressées, – cet homme-là, dont à défaut de savoir ce qu’il est je sais ce qu’il n’est pas, NE PEUT PAS être tombé dans le piège d’une rhétorique aussi basse, aussi grossière et invertébrée que celle qu’on lui impute. Cette rhétorique-là n’est jamais que celle de ceux qui tenaient la seule plume ce soir-là, des seuls qui avaient le droit de ne pas “fermer (leur) gueule” : les agents de police auteurs de la déposition. Et ce que ces hommes ont puni ce soir-là, ce qu’ils ont voulu enfermer, ce n’est rien d’autre que la langue – non plus la leur, certes, mais la langue libre, inattendue, digne et qui dit vrai. J’ai souvent vu et entendu, au hasard de scènes urbaines, la police se faire vertement injurier, de la manière la plus furieuse, et dans les registres les plus gras, les plus triviaux, qu’on imaginera. A ces bordées d’injures, les agents se contentaient de sourires moqueurs ou se drapaient d’indifférence, ce qui ne laissait pas de m’étonner. Mais aujourd’hui je comprends, que l’injure finalement touche peu la police, ne la menace nullement, pour cette simple raison qu’elle fait partie de sa propre rhétorique, et qu’elle la maîtrise toujours au bout du compte. Par contre, ce que la police redoute infiniment plus, au point de s’en sentir “menacée”, au point de l’arrêter et de l’enfermer, c’est la langue, simplement la langue, pas l’injurieuse mais l’intelligente, pas l’outrageante mais l’intègre : celle pour laquelle un poète vit. C’est à ce titre que je me permets, avec l’autorisation de Brice Petit, d’appeler à notre soutien tous ceux d’entre vous qui sentiront combien cette affaire les concerne personnellement. Ces soutiens pourront prendre la forme soit de co-signatures d’une déclaration commune que nous travaillerons – ensemble, avec vos réponses, vos conseils – à mettre au point dans les jours à venir ; soit, pour ceux qui connaissent mieux Brice Petit, de déclarations “sur l’honneur” quant à l’intégrité non seulement de l’homme mais aussi, et surtout, de son comportement dans la langue ; soit, enfin, de soutiens financiers pour les frais d’avocat et autres. La défense de notre ami doit se mettre en place le plus rapidement et le plus largement possible. Nous comptons sur vous.

hell o shark o

http://www.sarkozypresident2007.org/

mardi 13 septembre 2005

nico laid

pour votre amusement, petits enfants innocents, ,